Blessures au tennis : prévenir les douleurs quand on enchaîne les tournois
Publié le 8 juillet 2026
Le joueur de tournoi vit un paradoxe : il enchaîne des matchs intenses, parfois plusieurs dans le même week-end, sans l’encadrement physique dont bénéficie un professionnel. Pas de kiné au bord du court, pas de préparateur, et souvent un échauffement réduit aux cinq minutes de balles d’avant-match. C’est exactement le profil qui finit avec un coude douloureux en plein milieu de la saison. La bonne nouvelle : la plupart de ces pépins se préviennent avec des habitudes simples, à condition de les appliquer régulièrement et pas seulement quand ça commence à tirer.
Les zones sensibles du compétiteur amateur
Certaines zones reviennent systématiquement chez les joueurs qui enchaînent les tournois :
- Le coude. Le fameux tennis elbow, souvent lié à un geste qui se dégrade avec la fatigue, à un cordage trop rigide ou à une raquette mal adaptée.
- L’épaule. Sollicitée à chaque service et à chaque smash. Quand le volume de matchs augmente d’un coup, c’est souvent elle qui proteste en premier.
- Le dos et les lombaires. Les rotations répétées et la position cambrée au service fatiguent la zone, surtout si le gainage ne suit pas.
- Le mollet et le tendon d’Achille. Les démarrages et les changements de direction les mettent à rude épreuve, particulièrement sur surface dure et en fin de journée.
- La cheville et le genou. Les appuis désordonnés sur un point disputé, un terrain glissant ou des chaussures usées suffisent à créer le problème.
Le point commun de ces blessures : elles arrivent rarement par hasard. Fatigue accumulée, échauffement bâclé, matériel inadapté ou montée en charge trop brutale, les causes sont presque toujours identifiables après coup. Autant les traiter avant.
L’échauffement d’avant-match qui protège vraiment
Taper des balles cinq minutes n’est pas un échauffement, c’est un réglage. Avant un match de tournoi, prévoyez environ quinze minutes, en montant progressivement en intensité :
- Activation générale (5 min) : trottiner, talons-fesses, montées de genoux, pas chassés. L’objectif est simple : arriver sur le court en ayant déjà transpiré légèrement.
- Mobilité dynamique (5 min) : rotations d’épaules et de bassin, cercles de bras, fentes marchées, balancements de jambes. On mobilise les articulations qui vont travailler, sans étirements statiques prolongés à ce stade.
- Gestes spécifiques (5 min) : ombres de coups droits et de revers en accélérant progressivement, quelques services à intensité croissante avant de servir à fond.
En tournoi, l’horaire de votre match peut glisser. Si vous avez été échauffé puis laissé à attendre une heure, refaites une version courte du protocole avant d’entrer sur le court. Un corps refroidi est un corps exposé.
Le renforcement de base : 20 minutes, deux fois par semaine
Pas besoin d’un programme de pro. Deux séances courtes par semaine, en dehors des tournois, couvrent l’essentiel :
- Gainage (planche, planche latérale) pour protéger les lombaires.
- Rotateurs d’épaule avec un élastique, pour équilibrer une articulation que le tennis sollicite toujours dans le même sens.
- Mollets : montées sur pointes, lentes et contrôlées, pour préparer démarrages et appuis.
- Hanches et fessiers (squats, fentes, ponts) pour des changements de direction stables.
- Avant-bras et poignets : quelques exercices légers avec un haltère ou un élastique, utiles pour le coude.
La régularité prime sur l’intensité. Vingt minutes deux fois par semaine, toute la saison, valent mieux qu’un mois de salle intensif suivi de rien. Et en période de tournois rapprochés, réduisez le volume plutôt que de supprimer : l’entretien suffit.
La récupération entre deux matchs
C’est le maillon faible de la plupart des amateurs. Après un match :
- Retour au calme : quelques minutes de marche ou de footing très léger plutôt qu’un arrêt brutal.
- Étirements doux une fois le corps refroidi, sans forcer sur les zones qui ont souffert.
- Hydratation et alimentation : buvez avant d’avoir soif, mangez dans les heures qui suivent.
- Sommeil : c’est le meilleur outil de récupération disponible, et il est gratuit. Un week-end de tournoi avec des soirées courtes se paie le dimanche.
Si vous jouez deux matchs dans la journée, gardez-vous au chaud entre les deux, mangez léger et refaites un échauffement complet avant le second. Les courbatures du lendemain sont normales ; une douleur localisée et précise ne l’est pas, on y revient plus bas.
Pensez aussi à la récupération à l’échelle de la saison. Enchaîner quatre week-ends de tournoi sans pause est le scénario classique de la blessure de surcharge. Quand vous construisez votre calendrier sur la recherche de tournois, ménagez des week-ends vides entre les blocs de compétition.
Matériel et terrain : les facteurs qu’on oublie
Le matériel joue un rôle direct dans les blessures du membre supérieur :
- Cordage : une tension trop élevée ou un cordage très rigide transmet plus de vibrations au bras. Si votre coude tire, c’est l’un des premiers réglages à revoir avec votre cordeur.
- Grip : trop fin ou trop usé, il force la main à serrer davantage, ce qui se répercute sur l’avant-bras. Changez le surgrip régulièrement.
- Chaussures : une semelle usée n’amortit plus et ne tient plus l’appui. En période de tournois, vérifiez-les avant chaque bloc de compétition, pas une fois par an.
- Surface : on ne choisit pas toujours, mais on s’adapte. Le dur est plus traumatisant pour les jambes que la terre battue ; après un week-end sur dur, accordez-vous une récupération plus longue.
Douleur pendant un tournoi : continuer ou arrêter ?
Quelques repères de bon sens, sans jouer au médecin :
- Une fatigue musculaire diffuse qui s’estompe à l’échauffement est généralement banale.
- Une douleur précise, localisée, qui augmente pendant le match ou modifie votre geste est un signal d’alerte. Continuer en serrant les dents transforme souvent un petit problème en arrêt prolongé.
- Une douleur qui revient match après match au même endroit ne disparaîtra pas en l’ignorant.
Abandonner un match de tournoi coûte une défaite ; insister peut coûter une saison. Dans le doute, arrêtez, et si la douleur persiste au-delà de quelques jours de repos, consultez un médecin ou un kinésithérapeute plutôt que le forum de votre club. Eux seuls peuvent poser un diagnostic et vous dire quand reprendre.
Prévenir les blessures n’a rien de spectaculaire : un vrai échauffement, un peu de renforcement, du sommeil, du matériel entretenu et l’honnêteté d’écouter les signaux de son corps. C’est aussi ce qui vous permettra d’enchaîner les tournois toute la saison au lieu de la regarder depuis le banc.
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