Blessures au tennis : les prévenir quand on enchaîne
Publié le 8 juillet 2026 · mis à jour le 21 octobre 2026
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Voir les tournois à venirLe joueur de tournoi amateur enchaîne parfois plusieurs matchs intenses dans le même week-end, sans kinésithérapeute au bord du court ni préparateur physique, avec un échauffement souvent réduit aux quelques minutes d’échanges d’avant-match. Les douleurs qui en résultent ne sont pas une fatalité. Beaucoup viennent de la même cause : une charge qui augmente plus vite que le corps ne s’y adapte. Ce guide donne des repères de prévention ; il ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un kinésithérapeute, à consulter dès qu’une douleur s’installe.
Pourquoi enchaîner les tournois expose davantage
Le Comité international olympique a réuni en 2016 un groupe d’experts sur le lien entre charge d’entraînement et blessures. Leur conclusion : une mauvaise gestion de la charge est un facteur de risque majeur de blessure. Ils entendent la charge au sens large, en y incluant les hausses rapides d’entraînement ou de compétition et les calendriers trop serrés (Soligard et al., British Journal of Sports Medicine, 2016). Ce travail porte surtout sur des sportifs de haut niveau, mais le principe parle à tout compétiteur : passer d’un match par semaine à quatre matchs en trois jours est une hausse brutale.
Une étude menée auprès de plus de 3 600 joueurs de loisir néerlandais a trouvé que 80 % des blessures déclarées étaient des blessures de surcharge, contre 20 % de blessures aiguës (Pluim et al., British Journal of Sports Medicine, 2018). Autrement dit, la plupart des pépins viennent de l’accumulation plutôt que d’un faux mouvement.
Les zones sensibles du compétiteur amateur
- Le coude : le « tennis elbow » (épicondylite) est associé à la répétition des frappes, surtout quand le geste se dégrade avec la fatigue.
- L’épaule, sollicitée à chaque service et à chaque smash, souvent la première à protester quand le volume de matchs augmente d’un coup.
- Le bas du dos, fatigué par les rotations répétées et la cambrure au service.
- Le mollet et le tendon d’Achille, mis à l’épreuve par les démarrages et les changements de direction.
- La cheville et le genou, exposés aux appuis désordonnés, aux terrains glissants et aux chaussures usées.
Ce que le règlement prévoit déjà comme repos
Le règlement FFT encadre le rythme des matchs dans une journée. Le connaître aide à prévoir sa récupération (règlements sportifs 2027, art. 9.1, 13 et 14) :
- en formats 1, 2 et 4, au plus 2 simples et 3 matchs par jour, avec au moins 1 h 30 entre deux simples en seniors ; ce repos passe à 3 heures dans les catégories jeunes et seniors plus pour les formats 1 et 2 ;
- dans les formats courts (3, 5, 6 et 7), le repos minimum entre deux matchs est de 30 minutes ;
- entre un simple et un double, ou entre deux doubles, 30 minutes au minimum ;
- 12 heures de repos au minimum entre deux journées, et aucun match ne peut commencer après minuit ni avant 7 heures ;
- à partir de la catégorie 50 ans, deux matchs au plus par jour dans les épreuves seniors plus (art. 13.4).
Ce sont des minimums réglementaires, pas des durées de récupération idéales. Le détail des formats est dans le guide sur les formats de match.
L’échauffement d’avant-match
Quelques minutes d’échanges servent surtout à régler ses coups. Avant un match de tournoi, une dizaine à une quinzaine de minutes de préparation progressive est un repère raisonnable (un conseil, pas une norme) :
- activation générale : trottiner, talons-fesses, montées de genoux, pas chassés, jusqu’à transpirer légèrement ;
- mobilité dynamique : rotations d’épaules et de bassin, cercles de bras, fentes marchées, balancements de jambes ;
- gestes spécifiques : coups droits et revers à vide en accélérant progressivement, quelques services d’intensité croissante.
En tournoi, l’horaire peut glisser. Si vous vous êtes échauffé puis avez attendu une heure, refaites une version courte avant d’entrer sur le court.
Le renforcement entre les tournois
Des séances courtes et régulières, en dehors des tournois, peuvent couvrir l’essentiel : gainage pour le dos, travail des rotateurs d’épaule avec un élastique, montées sur pointes pour les mollets, squats, fentes et ponts pour les hanches, exercices légers pour l’avant-bras. Deux séances d’une vingtaine de minutes par semaine sont un repère raisonnable, pas une prescription. La régularité compte plus que l’intensité. Pour un programme adapté à vos antécédents, un kinésithérapeute ou un préparateur physique est mieux placé qu’un guide général.
La récupération entre deux matchs et deux tournois
Après un match : quelques minutes de marche plutôt qu’un arrêt brutal, de quoi boire et manger dans les heures qui suivent, et du sommeil. Un week-end de tournoi avec des soirées courtes se paie souvent le dimanche. Si vous jouez deux matchs dans la journée, restez au chaud entre les deux et refaites un échauffement avant le second.
À l’échelle de la saison, appliquez la logique de la charge : évitez de passer sans transition d’une période calme à plusieurs week-ends de tournois d’affilée, et ménagez des week-ends sans match entre les blocs. Quand vous construisez votre calendrier sur la recherche de tournois, regardez aussi le format de chaque épreuve : il fixe le nombre de matchs possibles dans une journée. Le guide sur la planification de saison propose une manière d’alterner.
Matériel et surface
- Chaussures : une semelle usée amortit moins et tient moins bien l’appui. Vérifiez-les avant chaque bloc de tournois.
- Grip : trop fin ou trop usé, il pousse à serrer davantage le manche. Changez le surgrip régulièrement.
- Cordage : on entend souvent qu’un cordage rigide ou trop tendu favorise le tennis elbow. Les preuves sont limitées, mais si votre coude tire, demander à votre cordeur un cordage plus souple ou une tension un peu plus basse ne coûte pas grand-chose. Cela ne remplace pas un avis médical.
- Surface : l’étude néerlandaise citée plus haut n’a pas trouvé de différence du nombre total de blessures entre terre battue, dur et gazon synthétique. Elle a observé davantage de blessures de surcharge des membres inférieurs sur dur, et davantage de blessures chez les joueurs qui jouaient sur plusieurs surfaces. Après un week-end sur dur, ou lors d’un changement de surface, prévoyez un peu plus de récupération.
Douleur pendant un tournoi : continuer ou arrêter ?
Quelques repères, sans prétendre poser un diagnostic :
- une fatigue musculaire diffuse qui s’estompe à l’échauffement est généralement banale ;
- une douleur précise, localisée, qui augmente pendant le match ou modifie votre geste est un signal d’alerte : continuer en serrant les dents peut transformer un petit problème en arrêt prolongé ;
- une douleur qui revient match après match au même endroit ne disparaîtra pas en l’ignorant.
Abandonner un match coûte une défaite ; insister peut coûter plusieurs semaines. Dans le doute, arrêtez, et consultez un médecin, de préférence du sport, ou un kinésithérapeute si la douleur persiste au-delà de quelques jours de repos. Eux seuls peuvent poser un diagnostic et vous dire quand reprendre.
Avant votre prochain bloc de tournois, vérifiez trois choses : la hausse de charge par rapport aux semaines précédentes, l’état de vos chaussures, et les jours sans match prévus entre deux tournois.
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